ÉCLIPSE ALPINE


Début septembre, les conditions étaient parfaites dans les Alpes : l'occasion rêvée d'initier Hugo, mon petit ami français, à son tout premier 4 000 suisses.
Et comme une première fois doit rester gravée dans les mémoires, pourquoi ne pas la vivre avec style ?
Le Zinalrothorn : des vues spectaculaires sur la Couronne impériale et juste assez technique pour qu'il n'oublie jamais son baptême helvétique.

Pour l'aider à s'adapter à nos traditions, j'ai préparé le kit de survie suisse : du Rivella et de l'Ovomaltine. En bon Suisse, j'ai opté pour un réveil matinal, mais sans excès : 4 heures pile.
Le résultat ? C'est bien trop tôt.
On a commencé à grimper sans même savoir où on allait, on a gelé comme jamais auparavant, Hugo a failli perdre ses orteils, et j'ai eu droit à deux crises supplémentaires de « vomissements de peur » dans les mains.

Côté style, il était évident que nous n’avions pas fréquenté les mêmes écoles de ski alpin :
Hugo grimpe « à la française », tandis que moi, je grimpe « à la suisse ».
Deux cultures, deux approches… qui, au final, se complètent étonnamment bien. La prochaine fois, je viserai le compromis suisse : un départ à 5 h 30 aurait été parfait !

Au final, nous avons réalisé une ascension mixte époustouflante, complètement seuls sur la face sud et l'arête sud-est, avec une immense lune rouge pour seule témoin.
On ne s'était même pas rendu compte que c'était la nuit de l'éclipse… Un petit bonus cosmique pour marquer ce premier 4 000 suisses.

À bientôt au « Peu-Al », comme disent les Français,
Tamara





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